À rebrousse-poilUn peu de respect pour Monsieur Aliou Cissé ! (Par Adama NDIAYE)

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À rebrousse-poil : Un peu de respect pour Monsieur Aliou Cissé ! (Par Adama NDIAYE)
Dans le contexte anglais, avec les résultats qu’il réalise depuis qu’il est à la tête de l’équipe nationale de football, il porterait le titre de Sir Aliou Cissé. On lui aurait, certainement,  bâti une statue à l’instar d’un Matt Busby, d’un Alex Ferguson ou d’un Arsène Wenger. Dans tous les cas, on l’aurait, au moins, célébré et donné un peu de crédit pour les résultats inédits obtenus depuis sa prise de fonction en 2015. Mais force est de constater que malgré un titre de champion d’Afrique, une place de finaliste de la même compétition, deux participations consécutives à une coupe du monde, et un bilan de 47 victoires, 16 nuls et 10 défaites, Aliou Cissé peine encore à obtenir le respect qui lui est dû. Il semble même que cela écorcherait la bouche de beaucoup d’observateurs les plus en vue du football de dire qu’il est un “bon entraîneur”, juste “bon”, ne parlons même pas de qualificatifs tels qu’excellent. Malgré son récent surnom de “El tactico”, on ne loue, jamais non plus,  très sérieusement son sens tactique, comme s’il était inexistant.

Pourquoi ce scepticisme ? Pourquoi, au fond, Aliou Cissé n’est pas considéré comme un grand entraîneur par la majorité des spécialistes, alors que les chiffres et le palmarès, eux, disent qu’il est ?

Certains de ses détracteurs disent qu’il est arrivé au bon endroit, au bon moment. Et en effet, Aliou Cissé est à la tête d’une génération dorée, sans doute la meilleure de l’histoire du Sénégal. Mais en Afrique, une collection de stars n’est pas gage de succès.  Celles-ci  peuvent vite se muer en divas et se croire plus importantes que l’équipe, le collectif. Cissé, au moins, a su bâtir une discipline groupe et imposer son leadership à ses ouailles.

D’autres mettent en exergue le jeu peu spectaculaire des lions. Ce n’est, certes pas, dans les prestations du Sénégal que les férus de tiki-taka trouveront leur compte ! Et, Aliou Cissé n’est sans doute pas un disciple de Cruyff et Guardiola. José Mourinho et Didier Deschamps ne le sont pas non plus, et pourtant personne ne songerait à remettre en cause leur art du coaching.

Sommes-nous, quelque part au fond de notre subconscient, encore victimes du mythe du sorcier blanc, incarné à merveille par Hervé Renard ou, avant, le regretté Bruno Metsu ? Comment comprendre, sinon, que les exploits de ces entraîneurs soient mythifiés alors que ceux d’un Aliou Cissé sont banalisés ?

Ou bien l’entraîneur national  paie-t-il encore le souvenir du joueur laborieux, rugueux et râleur qu’il était sur le terrain ? Une image qui pourrait laisser croire qu’il n’est au fond qu’un meneur d’hommes et non un stratège.

Le mystère demeure entier.  Et l’on a peine à identifier des explications rationnelles pouvant justifier cette perpétuelle mise à l’index.

Une chose demeure certaine : Aliou Cissé semble être un intermittent du spectacle, sauf bien sûr quand il y a un mauvais résultat. Au Sénégal les victoires ont cent pères, en témoigne le partage de gâteaux post coupe d’Afrique des Nations, et les défaites ont un seul et unique géniteur, Aliou Cissé.

Toutefois, ses successeurs auront du pain sur la planche car il sera très difficile de faire mieux en termes de statistiques et de résultats.


Source: seneweb.com