Coronavirus : Pourquoi Il Ne Faut Pas Espérer L’arrivée Rapide D’un Vaccin

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Coronavirus : Pourquoi il ne faut pas espérer l’arrivée rapide d’un vaccin


SANTÉ – Garder la tête froide. Certes, un vaccin contre le coronavirus est en test à Seattle, aux États-Unis. Ce premier essai clinique pour un traitement préventif contre COVID-19 est un signe des avancées considérables réalisées par les laboratoires autour du monde face à l’avancée de la pandémie.
Du côté de l’Union Européenne, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen a fait savoir le 17 mars qu’elle espérait un vaccin d’ici l’automne 2020. Une prévision plus réaliste que certaines annonces récentes: il serait en effet illusoire d’attendre l’arrivée d’un vaccin avant très longtemps.
Comme vous pouvez le découvrir dans la vidéo en tête de cet article,  l’histoire récente des épidémies dresse un tableau sans appel. Le Sras en 2002, le chikungunya en 2005 ou la fameuse grippe A “H1N1” en 2009: autant d’exemples que les Français connaissent bien, mais dont le pic de danger est passé sans qu’il y ait eu recours à la vaccination, ou qu’elle ait été particulièrement utile dans le cas de la grippe A.
Certains vaccins sont faciles à mettre au point parce que le virus à cibler est bien connu, comme dans le cas de la grippe. Pour un coronavirus comme 2019-nCoV, en revanche, c’est un véritable défi. “Il faut d’abord identifier, puis mimer le virus, avant d’imaginer la formulation du vaccin. Il faut tester celle qui provoque la meilleure réponse immunitaire. À cette étape, les possibilités sont extrêmement nombreuses” explique François Cosset, chercheur au Centre international de recherches en immunologie de Lyon.
Des essais cliniques pendant de longs mois 
L’enthousiasme des nouveaux venus de la biotech et de certaines institutions peut alors sembler prématuré. Le CEPI, une association norvégienne qui fédère des acteurs privés et publics de la santé, a annoncé en janvier être capable de développer un vaccin en 16 semaines. Côté français, on estime déjà avoir un vaccin prometteur, estimant que des tests cliniques pourront commencer d’ici trois mois. Mais attention à l’emballement: “Les annonces de solutions miracles en un temps record peuvent avoir des effets désastreux” s’inquiète l’expert.
Au cours de cinq phases de développement d’un vaccin, la route de production est semée d’embûches, même lorsque la formule idéale paraît avoir été obtenue. Après l’identification du virus, puis sa reproduction en labo, vient alors la phase de tests sur les animaux.  Le traitement peut échouer à ce stade, comme en 2012, lorsqu’un vaccin potentiel contre le Sras avait montré lors de tests sur des rongeurs qu’il attaquait leur système immunitaire. 
Ensuite démarre l’avant-dernière étape, celle des tests cliniques, à laquelle s’attaquent aujourd’hui plusieurs laboratoires de recherches…une phase d’observation qui durera de longs, très longs mois, quelle que soit l’urgence. John Shiver, patron du département sur les recherches de vaccins au sein de du géant français Sanofi, confiait le 8 mars au New Yorker que le traitement actuellement testé dans leurs labos ne serait sans doute pas disponible avant un an et demi. 
“Développer un vaccin reste fondamental et utile”, tempère François Cosset, même si l’entreprise n’est pas forcément la parade en cas d’épidémie. Même si la production d’un vaccin arrivait dans un second temps, il permettrait d’éradiquer pour de bon la maladie en traitant préventivement les populations à risque. En attendant, les gestes barrières sont nos meilleurs alliés.