Donald Trump Accusé De Vouloir Détruire La Poste Américaine Pour Remporter La Présidentielle

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Donald Trump accusé de vouloir détruire la poste américaine pour remporter la présidentielle
Alors qu’un plan d’économies visant la poste américaine continue de battre son plein, les opposants au président Donald Trump l’accusent de tout faire pour détruire le service et rendre ainsi impossible le vote par correspondance. Le locataire de la Maison Blanche le juge en effet favorable à son adversaire Joe Biden.
La poste américaine a fait une entrée fracassante dans la campagne électorale américaine. Donald Trump est accusé par ses opposants de tout faire pour la détruire, afin de rendre impossible un vote par correspondance, qui pourrait, selon lui, favoriser son adversaire Joe Biden.
Courrier en retard, boîtes à lettres supprimées des rues… Les responsables démocrates au Congrès ont demandé au patron de la poste américaine, Louis DeJoy, de venir s’expliquer sur ces mesures d’économies, tandis que la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, compte organiser un vote sur un texte destiné à protéger les services postaux. Plusieurs États envisagent des actions en justice en ce sens.
Les démocrates soupçonnent Louis DeJoy, un homme d’affaires qui compte parmi les grands donateurs du parti républicain, de vouloir faire le jeu de Donald Trump. Il sera donc auditionné par le Congrès le 24 août, avec le président de l’USPS, Robert Duncan.
Selon le sénateur démocrate Bernie Sanders, le président américain “veut décourager les gens de voter par courrier parce qu’il pense que cela lui sera défavorable. C’est pathétique. Ce n’est pas ce qu’on attend d’un président des États-Unis”, a-t-il dénoncé, dimanche, sur la chaîne ABC.
Le Covid-19 pousse au vote par correspondance
“Nous sommes en pleine pandémie, Monsieur le président, et les gens ne doivent pas avoir à mettre leur vie en danger dans une file d’attente, tomber malade et peut-être mourir pour aller voter”, a ajouté Bernie Sanders.
Le vote par courrier, utilisé depuis des années aux États-Unis, doit être plus largement déployé pour l’élection présidentielle du 3 novembre, en raison de la pandémie de Covid-19.
Mais Donald Trump s’y oppose, criant à la fraude annoncée. Et la campagne s’est cristallisée depuis quelques jours, autour de la poste américaine, l’USPS.
Celle-ci est dirigée depuis le printemps par Louis DeJoy, un proche de Donald Trump. Celui-ci mène tambour battant des réformes censées ramener dans le vert les comptes de la poste, déficitaire depuis 2008.
Dans ce cadre, des machines de tri jugées obsolètes ont été supprimées, des boîtes à lettres retirées des rues, et le courrier arrive en retard car les facteurs ne peuvent plus travailler en heures supplémentaires.
L’USPS a d’ores et déjà prévenu qu’elle ne pourrait pas acheminer en temps voulu des millions de bulletins de vote, qui ne pourront donc pas être pris en compte, selon le Washington Post.
“Affamer la poste pour empêcher les gens de voter”
Mais les opposants voient dans ces réformes la main de Donald Trump pour empêcher le vote par correspondance.
“Nous ne voulons pas avoir les mains liées avec des politiques qui ralentissent le courrier”, a dénoncé dans une interview à l’AFP Mark Dimondstein, président du syndicat des postiers, l’American Postal Workers Union (APWU).
Pour lui, “le président veut affamer la poste pour empêcher les gens de voter. […] Tout le monde devrait avoir accès à la manière la plus simple de voter, peu importe pour qui on vote”. Il a alors assuré que les postiers “feront tout leur possible pour donner la priorité aux bulletins de vote”, et s’assurer qu’ils arrivent à temps pour être comptés.
Le vote par courrier, une “catastrophe”, selon Donald Trump
Donald Trump a de nouveau souligne, samedi 15 août, à des journalistes, que le vote par courrier serait une “catastrophe”, assurant toutefois qu’il ne cherchait “pas du tout” à entraver la bonne marche de ce service public. Il a aussi défendu Louis DeJoy, un “homme fantastique”.
L’opposition démocrate demande depuis plusieurs mois à renflouer ce service public dont les camionnettes blanche et bleue arpentent les routes des États-Unis, porte coulissante ouverte.
Pour la première fois, vendredi 14 août, Donald Trump avait en effet laissé entendre qu’il pourrait se résoudre à financer le service postal : “Ce n’est pas ce que je veux, c’est ce que le peuple américain veut”. Il avait jusqu’alors refusé de verser un centime, expliquant même clairement, jeudi, sur Fox News qu’il ne souhaitait pas renflouer l’USPS, afin qu’elle ne soit “pas équipée” pour “un vote par courrier généralisé”.
Son concurrent démocrate pour la Maison Blanche Joe Biden l’avait alors raillé : “Du pur Trump. Il ne veut pas d’élection”. L’ancien président Barack Obama avait aussi réagi : “Nous n’avions jamais vu auparavant un président dire ‘Je vais mettre à genoux le service postal […] et je vais clairement dire pourquoi’”.
“Ce soutien doit être transformé en action”, a plaidé Mark Dimondstein, appelant les élus du Congrès à adopter l’aide d’urgence de 25 milliards de dollars proposée par les démocrates.