Examens 2022de meilleurs salaires pour les enseignants, de meilleurs résultats pour les élèves

Sunufm Radio
Sunufm Radio
Développeur: GS3 Sénégal
Prix: Gratuit


Single Post
Examens 2022 : de meilleurs salaires pour les enseignants, de meilleurs résultats pour les élèves
La hausse des revenus des maîtres et professeurs a contribué à faire grimper les résultats aux examens de cette année ont une explication. Ce sont les syndicalistes qui le disent.

Malgré les chocs exogènes (hivernage, grève, etc.), des résultats records ont été enregistrés au Bac 2022. Le taux de réussite national a fait un bond de 13,86 points, passant de 38,13% en 2011, à 51,99% en 2022, avec en bonus 154 mentions Très bien, 1200 Bien et 6547 Assez bien, selon les chiffres du ministère de l’Éducation nationale. Par ailleurs, au Brevet de fin d’étude moyenne (BFEM), le taux de réussite national est passé de 67,96%, en 2021, à 70,38%, cette année. Et au Certificat de fin d’études élémentaires (CFEE), la session 2022 affiche 73,8%. Pour SaourouSène, le secrétaire général du Syndicat autonome des Enseignants du Moyen Secondaire du Sénégal (SAEMSS), il ne fait aucun doute, c’est l’augmentation des salaires des enseignants qui a positivement influencé ces bons résultats aux examens.

«Nous sommes arrivés à un niveau salarial jamais égalé au Sénégal, a-t-il exulté dans les colonnes du journal Vox Populi du lundi 8 août, au moment de tirer le bilan de ses deux mandats à la tête du SAEMSS. Aujourd’hui, il est heureux de constater qu’après les augmentations de salaires, les Sénégalais ont constaté que les résultats ont été fortement améliorés, notamment au niveau des différents examens : CFEE, BFEM et Baccalauréat. Pour le Bac, nous sommes allés jusqu’à 52% de réussite. (…) Le gouvernement du Sénégal avait compris à l’époque les enjeux : la nécessité de fortifier les enseignants.»

«Professeurs très endettés»

Trois jours plus tard, SaourouSène a remis le couvert. Dans un entretien accordé au journal Le Soleil du jeudi 11 août, le syndicaliste, qui ne se représentera pas pour le poste de secrétaire général du SAEMSS, n’a pas fait la fine bouche «pour saluer le caractère historique des accords de février 2022» qui ont abouti à la révision du système de rémunération des agents de l’État». Remerciant «le gouvernement du Président MackySall, qui a accédé à (leur) revendication et qui a permis à l’école sénégalaise, notamment aux enseignants, de recouvrer leur dignité de travailleur».

Aliou Diouf, trésorier général du Cadre unitaire syndical des enseignants du moyen et du secondaire (CUSEMS), ne dit pas le contraire. Dans le cadre d’un dossier sur le Sénégalais et l’épargne, réalisé par Bès Bi-Le jour, le fonctionnaire révèle qu’avant les augmentations de leurs salaires, beaucoup enseignants, parce que «très endettés», courraient pour trouver des revenus supplémentaires.

Il explique : «On essaie de vivre selon nos moyens. Vous savez, à Dakar, la location coûte excessivement chère. Ensuite, il faut payer la scolarité des enfants. Il y a beaucoup de choses à régler. Mais nous essayons quand même de trouver des revenus supplémentaires. Certains font dans le petit commerce, d’autres de la consultance dans les écoles privées, des cours d’encadrement.»

Aliou Diouf ajoute : «On est obligés de faire du travail extra pour vivre décemment à Dakar. C’est la même chose partout parce que le niveau de la vie est extrêmement cher et nous avons des salaires qui ne nous permettent pas de faire face au coût de la vie. Il y a eu une amélioration avec l’augmentation des salaires des enseignants.»

Près de 72 milliards sur deux ans

Le gouvernement a presque doublé les salaires des enseignants. La hausse des revenus concerne aussi bien la rémunération de base que les primes scolaires et les indemnités (de contrôle, d’encadrement et de performance). Les accords vont coûter au Trésor public, sur deux ans, 71 milliards 498 millions 554 mille 243 francs CFA.

Pour les inspecteurs d’académie, l’augmentation, qui est de 265 000 francs CFA en 2022, va passer à 355 000 en 2023. Les professeurs d’enseignement secondaire auront droit à une hausse de 214 000 en 2022 puis de 264 000 en 2023.

Pour les 58 183 instituteurs et instituteurs adjoints, l’État va décaisser plus de 13 milliards pour payer la prime scolaire en 2022. Concernant l’augmentation de l’indemnité de recherche documentaire et de surcharge horaire, le gouvernement a proposé un relèvement à hauteur de 50%, correspondant à 12 milliards 758 millions par an sur le budget de l’Education nationale.

L’indemnité de contrôle et d’encadrement va passer de 150 000, actuellement, à 300 000 dans un an. La hausse de 50% étant répartie en deux temps : 75 000 en 2022 et autant en 2023.

Autres avancées

L’importance de l’accord entre le gouvernement et les enseignants ne se mesure pas qu’en terme salarial. SaourouSène a relevé des avancées dans le domaine administratif. Il souligne un effort «important» sur le dialogue des plateformes (logiciels de gestion de la carrière des enseignants ‘Girafe 1’ et dernièrement ‘Girafe 2’ pour la Fonction publique, ‘Mirador’ pour l’Éducation nationale, et le ‘e-Solde’ et ‘Safi’ pour le ministère du Budget avec la Direction de la solde).

Une «nette» amélioration a été en outre notée dans la gestion des avancements, des intégrations des mises en solde et de la validation des années de vacation et de contractualisation, entre autres efforts fournis par l’État du Sénégal.

Le syndicalistea également salué la «régularité» des commissions paritaires, mais aussi des rencontres entre le niveau institutionnel et les acteurs syndicaux, voire de toutes les familles d’acteurs au niveau de l’Éducation nationale. Insistant sur la disponibilité et l’ouverture du ministre de tutelle, Mamadou Talla, «pour son style de management qui ne laisse personne en rade lorsqu’il s’agit de questions importantes pour (leur) secteur».

Rentabiliser les investissements

Si la hausse des salaires des enseignants a influencé positivement les résultats aux examens de cette année, l’Etat veillera à ce qu’il en soit ainsi pour les prochaines années. L’idée est de faire en sorte que les investissements de l’Etat dans le domaine de l’Education soient rentabilisés à travers un relèvement du niveau de performance des maîtres et professeurs.

En ce sens, le ministère de l’Education entend mettre en place des outils de mesure objectifs. «Nous envisageons de développer et d’installer la culture de la contractualisation de la performance à tous les niveaux», renseigne l’Inspecteur d’académie de Dakar, AboubakrySadikhNiang, dans un entretien accordé au journal Le Soleil.

Il explique : «A chaque échelon de responsabilité (enseignant, directeur, chef d’établissement, inspecteur chef de district, Ief), un contrat de performance, fruit d’un dialogue de gestion servira d’instrument de gestion et de pilotage de la performance.»


Source: seneweb.com