Fin de l’ultimatumLa Guinée snobe la Cédéao

0
28


Single Post
Mamady Doumbouya
La Guinée qui évolue à son rythme n’a pas proposé de calendrier à la Cédéao et ne le fera sous aucune. Une position qui fait suite au constat d’échec fait par le Mali. Ce qui augure une période difficile et délicate pour la Cédéao.

La Guinée ne se pliera pas aux injonctions de la Cédéao. L’organisation régionale avait fixé un ultimatum aux militaires au pouvoir pour un calendrier ‘’acceptable’’ de la transition au plus tard le 25 avril. A l’expiration du délai, la junte a décidé d’ignorer la Cédéao et même de la défier.

«On n’a pas transmis un document. Nous avons été clairs depuis le début que le gouvernement guinéen n’agit pas sous l’œil de la contrainte ou sur le tic tac de quoi que ce soit », a déclaré ce matin le porte-parole du gouvernement Ousmane Gaoual Diallo sur FIM fm repris par Guinée360.

Selon Diallo, la Guinée évolue à son rythme en prenant contexte du contexte et des contraintes du moment. « Rien ne pourra détourner la Guinée de ce chemin-là», assène-t-il. Pas même les menaces de sanctions individuelles ou collectives de la Cédéao.

A entendre le porte-parole du gouvernement, la Guinée n’a que faire des menaces de l’instance. « La Mauritanie s’est retirée de la CEDEAO et continue sa vie », renchérit-il, qualifiant la Cédéao d’être un organe au service d’un groupe de chefs d’Etat au détriment des peuples de l’espace.

Il faut dire que la situation de la Guinée est différente de celle du Mali ou du Burkina. En plus d’avoir un port, Conakry a sa propre monnaie, ce qui fait que la Cédéao a peu de possibilité de l’asphyxier financièrement comme c’est le cas du Mali qui n’arrive plus à payer ses dettes.

« La Guinée prendra les décisions pour assurer son indépendance »

Toutefois, Ousmane Gaoual Diallo reconnaît que la Guinée a besoin de la Cédéao, comme la Cédéao a besoin de la Guinée. C’est pourquoi une sortie de l’instance n’est pas à l’ordre du jour. La voix de la transition rappelle que la Guinée n’est pas en guerre contre la Cédéao, au quel cas, elle aurait quitté la table de négociation.

Cependant, si des sanctions venaient à être prises, la junte pourrait prendre ses responsabilités, car souligne Diallo, les nations adhèrent librement et se retirent librement. « Quand le moment viendra, la Guinée prendra les décisions pour assurer son indépendance et la volonté de rassurer sa coopération dans le respect mutuel des uns et des autres », dixit-il.

Pourtant, ces derniers temps, les autorités de la transition ont multiplié des décisions faisant croire à des signaux envoyés à la Cédéao. Les militaires ont publié une liste de préalables à respecter et devant déterminer la durée de la transition. Même si cette liste laisse croire à une transition de près de 5 ans. Le colonel Mamady Doumbouya a aussi installé le ‘’Cadre de concertation inclusif’’, il y a 10 jours environ.

Le Mali aussi ignore la Cédéao

A cela s’ajoute la libération, vendredi, de l’ancien président Alpha Condé. Même si cette libération est assujettie à des conditions telles que l’obligation de « demeurer à l’actuelle résidence de son épouse jusqu’à l’achèvement des travaux de reconstruction de son domicile privé », mais aussi protection adéquate qui est une surveillance qui ne dit pas son nom.

Mais voilà que le porte-parole indique que ce n’est en rien lié à l’ultimatum de la Cédéao. Ce qui paraît logique puisqu’il y a un mois, répliquant à l’injonction de l’instance, les autorités avaient exprimé leur déception, qualifiant de ‘’diktat’’ la posture de la Cédéao.

Cette décision de la Guinée intervient quelques jours après celle du Mali de se passer de la Cédéao. Assimi Goïta et Cie ont déclaré récemment avoir mis beaucoup de temps dans des négociations avec l’instance, sans trouver un accord. 

« A partir de cet instant, nous engageons le processus de mise en œuvre de tout le plan de la transition pour les deux ans qui ont été retenus par le président de la transition », a déclaré, jeudi 21 avril, le premier ministre Choguel Maïga qui assure que ce délai est incompressible. Le Burkina a également fixé un délai de 3 ans. Ce que la Cédéao ne peut accepter.  

C’est dire donc combien cette période sera difficile à la fois pour ces trois Etats, mais aussi la Cédéao qui voit son autorité et sa légitimité mises à rude épreuve.
 


Source: seneweb.com