[focus] Le Tatouage: La Nouvelle Tendance «indiscrète» Des Jeunes Sénégalaises

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Le Tatouage chez les jeunes

Pratiqué depuis toujours dans de nombreuses régions du monde, le tatouage se faisait pour des raisons symboliques, religieuses ou culturelles. Mais depuis quelques temps, le «tatoo» est devenu très prisé par les jeunes au Sénégal et particulièrement, les femmes. Seneweb s’est intéressé à cette nouvelle tendance chez les jeunes Sénégalaises.

Sur les bras, les cuisses, le dos, aucune partie du corps n’est épargnée. La stigmatisation qui entourait ce phénomène, à une époque, semble disparaître petit à petit. Autrefois, les gens qui s’adonnaient à cette pratique étaient considérés comme des personnes impudiques. Toutefois, de nos jours, le «tatoo» est devenu banal même s’il existe encore des personnes qui le voient d’un mauvais œil. 

«Les personnes qui m’entourent sont toxiques. Donc, à chaque fois que je me tatoue, c’est pour soulager ma peine»

En effet, se tatouer certaines parties du corps requiert la divulgation de ce que la personne a de plus intime devant un inconnu. Ce qui peut être, à juste titre, mal vu. 

Certains tatoueurs n’hésitent pas à partager leurs exploits en postant leurs œuvres sur la toile. Sur ces photos, on voit surtout des clientes dans des positions pas du tout catholiques. Raison pour laquelle elles s’attirent la foudre des internautes.

Pourtant, une femme comme Amina, étudiante dans une école privée de la place, regrette déjà son «exploit». La jeune dame affirme que son mari n’est pas ravi de voir la petite rose dessinée sur son cou même s’il l’avait déjà remarqué avant leur mariage. Son seul désir est d’enlever ce tatouage au laser, le plutôt possible.


Inversement, Katy, une jeune nymphe au look très particulier attire tous les regards. Des papillons sur son épaule gauche, un serpent sur le bras, la tête d’un aigle sur sa poitrine, Katy nous dit qu’elle a encore d’autres tatouages sur le corps et n’est pas prête à s’arrêter là. Ses dessins permanents sur différentes parties de son corps n’ont pas tout simplement une signification esthétique mais chaque dessin lui est symbolique. Elle nous confie qu’à chaque fois qu’elle éprouve un sentiment mélancolique, elle se fait tatouer. « La société et particulièrement les personnes qui m’entourent, sont toxiques, donc à chaque fois que je me tatoue c’est pour soulager ma peine», grogne t-elle.

Ce qu’en dit la religion musulmane 

En outre, les avis restent différents. Nombreux sont les hommes qui avouent être attirés par les femmes tatouées. C’est le cas de Booba, 26 ans, rencontré dans un salon de coiffure avec ses amis. Pour lui, «l’habit ne fait pas le moine». 

Par contre d’autres restent catégoriques sur leur position. Comme Ahmédine, qui ne partage pas la même idée que son ami. Selon lui, «c’est à travers l’habit que l’on reconnait le moine». Et dans le vif de la discussion, il pose la question à son ami de savoir:  « ta femme n’aura t-elle pas honte de montrer ses tatouages à ses petits enfants quand elle sera vielle ou d’aller à la mosquée avec? ».


Oustaz Matar Sarr, religieux, a un avis tranché sur la question: le fait de s’orner d’écritures et de dessins sur la peau est formellement interdit par la religion musulmane.

L’introduction d’une substance étrangère dans la peau

En tout cas, les professionnels de la santé affirment qu’il ne s’agit pas d’un simple dessin sur la peau mais d’un geste médical qui consiste à introduire des pigments de couleurs dans le derme. Donc, l’introduction d’une substance étrangère, n’est pas un geste anodin. Elle génère un phénomène d’inflammation et ouvre des centaines de portes aux infections virales. Même si les tatoueurs professionnels respectent les règles d’hygiène (aiguilles jetables à usage unique ou matériel stérilisé), les professionnels de la santé recommandent aux personnes désirant se faire tatouer, de faire une sérologie de l’hépatite C trois mois après avoir fait le tatouage. Seneweb a donné la parole au tatoueur Foffis, qui, dans cette vidéo ci-dessous, dit tout!