[FOCUS]Livraison expressTiak-Tiak, le bon plan des Sénégalais

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Le métier de livreurs Tiak-Tiak au Sénégal
Au Sénégal, les sociétés de livraison express voient le jour tous les jours ou presque. Un phénomène lié à une demande croissante de la population, qui affectionne ce service leur facilitant la vie au quotidien. Mais cette croissance ne fait pas que du bien notamment entre les acteurs de ce secteur. Ils souhaitent que ce secteur soit règlementé.

Cheikhou habite à Pikine en banlieue Dakaroise. Le jeune homme souhaite faire parvenir un colis à un de ses proches qui se trouve dans un quartier éloigné du sien. Il décide de faire appel à une société de livraison express communément appelé ‘’Tiak-Tiak’’. Dans les minutes qui suivent, un homme se présente chez Cheikou, prend le colis et le livre en un temps record. « C’est beaucoup plus simple pour moi. Ça m’évite de me déplacer en plus la livraison est rapide et le coût de la livraison est  avantageux » confie le Pikinois. Tout comme Cheikhou, nombreux sont ces Sénégalais qui font appel à des Tiak-Tiak. Une demande exponentielle qui pousse des personnes à se lancer dans ce secteur. « La floraison de ces sociétés au Sénégal ne peut être qu’un sentiment infime d’accomplissement. Infime car il reste beaucoup à accomplir mais le premier pas est un succès donc on peut prétendre à un avenir radieux » souligne, fièrement, Cheikh Ahmed Tidiane Samb, pionnier avec sa société ‘’Tiak-Tiak’’ de la livraison express au Sénégal. S’il se réjouit de cet afflux, d’autres livreurs par contre ne le supportent pas. C’est le cas d’Amadou Séga Diémé, ancien employé à Tiak-Tiak qui a, depuis lors, ouvert sa propre entreprise dans le même domaine. Pour lui, la concurrence est rude et sans pitié : « Avec la présence sur le marché de nouveaux engins électriques, le coût de la livraison a considérablement chuté. Le prix d’une course varie entre 2000 FCfa et 1500 FCfa mais ces nouveaux livreurs proposent des prix allant de 1000 FCfa à 400 FCfa. C’est pour moi, de la concurrence déloyale » regrette l’homme en colère.

« Ce secteur doit-être régulé et régularisé »

Pour pallier cette situation, les acteurs du secteur plaident pour son encadrement. C’est le plaidoyer du PDG de Tiak-Tiak : « Dans tous les secteurs d’activité, une régulation s’impose pour éviter le chaos. Mais qui dit régulation dit concertation et là se pose le problème. Il n’y a eu aucune concertation à ce jour entre la Présidence, le ministère de tutelle et les acteurs de la livraison express ». Il poursuit : « on se doit de réguler et de régulariser ce secteur pour savoir qui doit et qui peut exercer. » dit-il. N’étant pas encore reconnu comme une activité à part entière par les autorités, le last mile est encore assimilé à une activité postale. « Les livreurs doivent être reconnus par l’Etat et les institutions pour une meilleure organisation » recommande Cheikh Ahmed Tidiane Samb.

Des risques du métier très souvent fatals

Pourtant, exercer le métier de livreur n’est pas sans danger. Les accidents de la circulation sont très souvent recensés dans le quotidien des Tiak-Tiak. Sur les routes, ils sont parfois de parfaits mélanges de pilotes de moto GP et de freestyleurs de motocross. Séga Diémé a lui aussi été victime d’accident de la circulation qui l’a cloué au lit pendant plusieurs mois avec des orteils cassés mais l’un de ses employés a eu moins de chance : «  un livreur que j’avais formé moi-même a eu un accident et est mort sur le coup pendant le mois de ramadan », raconte-t-il le cœur meurtri.

Outre les accidents, ils sont aussi confrontés à des clients malhonnêtes qui usent de stratagèmes pour les rouler dans la farine. «  Des fois, ce sont nos clients fidèles qui nous font de sales coups. Il va par exemple t’appeler et te dire de lui débloquer un colis à hauteur de 30 000 FCfa et que cette somme vous serait remboursée une fois la livraison effectuée. Que nenni ! Vous venez de faire là un don contre votre gré », argue Séga. 

« Ce secteur est l’avenir du commerce dans le monde et ça, il y a bientôt 10 ans que je l’ai compris »

Comme le dit le dicton, « l’union fait la force » et Cheikh Ahmed souhaite que ce soit une réalité chez les acteurs de la livraison express : « Il faut que livreurs privés et publics s’unissent pour le bien du client. Ainsi, l’optimisation sera plus fluide et les clients seront plus enclin à se faire livrer. Grâce à cette fédération, on pourra mutualiser le service, tenir des AG, voir comment faire évoluer le secteur et créer encore plus de débouchés. Ce secteur est l’avenir du commerce dans le monde et ça fait 10 ans que je l’ai compris » conclut-il.


Source: seneweb.com