Grève des chauffeurs de bus TataUn mouvement d’humeur durement ressenti

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Grève des chauffeurs de bus Tata : Un mouvement d’humeur durement ressenti
Des arrêts d’autobus noirs de monde, des files interminables au garage des «clandos» (taxis clandestins)…Le décor est inhabituel dans la banlieue de Dakar. Les effets de la grève des chauffeurs de bus Tata Aftu sont durement ressentis par les usagers à la recherche désespérée d’un moyen de transport pour vaquer à leurs occupations, en ce lundi 12 juillet.

10 h 30 mn au célèbre arrêt de bus de Hamo 6 (Guédiawaye). Visiblement désorienté, ce travailleur a les yeux rivés sur sa montre. Comme plusieurs autres personnes, il sera en retard au boulot et cela ne fait plus aucun doute pour lui. «Ça fait une heure que je suis à l’arrêt de bus. Je n’arrive pas à trouver un moyen de transport. Je suis déjà en retard», lance-t-il au cours d’une conversation téléphonique.

De l’autre côté de la route, les bus Tata de la Ligne 28 sont garés, le moteur à l’arrêt. Les chauffeurs de bus qui protestent de cette manière contre les conditions intenables dans lesquelles ils travaillent depuis 15 ans, réclament leur régularisation à travers des contrats en bonne et due forme, des salaires décents, entre autres points de revendication.  

«Clandos» et «Thiak-Thiak» en profitent

Pendant ce temps, «clandos» et «Thiak-Thiak» en profitent pleinement. Dakar Dem Dikk, qui a mis en circulation une bonne partie de son parc (même les bus d’écoliers ont été mis en circulation), n’arrive pas à résorber le gap.

Chauffeur de «clando», Saliou soutient respecter les tarifs habituels, contrairement à certains chauffeurs qui en ont profité pour augmenter les tarifs.

«Je roule sans arrêt depuis ce matin, entre Hamo 6 et Case-Ba, mais je respecte le tarif», soutient-il. Se réjouissant d’une part de ce mouvement d’humeur qui fait grimper les chiffres de son business, il témoigne, cependant, aux chauffeurs de Tata tout son soutien.

«J’en connais beaucoup. Ils vivent des situations difficiles. Ils versent pas moins de 80 mille francs Cfa par jour et n’arrivent pas à avoir un salaire de 100 mille francs Cfa. C’est compliqué. Les transporteurs propriétaires de ces bus sont vraiment des esclavagistes», fulmine-t-il.

Un manque à gagner estimé à 200 millions de francs Cfa

Le manque à gagner de ce mouvement d’humeur est énorme pour l’Association de financement des professionnels du transport urbain (Aftu). Avec 2 500 bus qui versent quotidiennement 80 mille francs Cfa, l’Aftu perd 200 millions de francs Cfa rien que ce lundi.

Des pertes qui risquent de s’accentuer, vu que la grève de 48 heures se poursuivra ce mardi 13 juillet. Une situation qui a fait sortir de ses gonds le vice-président de l’Aftu, Ndongo Fall.

Selon lui, «la grève est illégitime». «Ils ont déposé un préavis de grève, mais ce préavis ne concerne qu’Aftu, qui n’est qu’une association avec 11 personnes comme personnel. Aftu n’a pas de chauffeurs, ni de receveurs, ils devaient s’adresser aux membres du Gie», martèle-t-il.

Les stations-services aussi ressentent le coup

Les transporteurs ne sont pas les seuls à ressentir le choc économique qu’a engendré ce mouvement d’humeur. Les stations-services aussi ressentent durement les conséquences de cette grève.

En effet, «les bus Tatas consomment en moyenne entre 50 et 70 mille francs en carburant (quotidiennement)», nous souffle ce pompiste de la station Star Energy Oil Vdn qui a requis l’anonymat.

Le manque à gagner est donc énorme pour les stations-services qui souhaitent vivement, à l’instar des usagers impactés, que les différents acteurs du transport urbain trouvent un terrain d’entente afin que le mot d’ordre de grève soit immédiatement levé.


Source: seneweb.com