Le Ramadan En France Débutera Vendredi Dans Un Contexte Inédit

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Le ramadan en France débutera vendredi dans un contexte inédit
Prier et jeûner à domicile. Le ramadan, qui débutera vendredi en France, traditionnellement marqué par des rassemblements familiaux et religieux au moment de la rupture du jeûne, sera fortement perturbé par la pandémie de coronavirus.

Le ramadan, mois sacré de jeûne et l’un des cinq piliers de l’islam pour les musulmans commencera vendredi 24 avril en France, a annoncé jeudi le Conseil français du culte musulman (CFCM). Crise de Covid-19 oblige et en plein confinement, les Français musulmans devront s’adapter à ces conditions inédites.

Les fidèles qui observent cette obligation religieuse doivent s’abstenir de s’alimenter, de boire, de fumer et d’avoir des relations sexuelles du lever au coucher du soleil pendant un mois. Si la crise sanitaire et les mesures de confinement n’empêchent pas le respect du jeûne individuel par les croyants, c’est surtout le volet social et convivial du ramadan qui va se trouver perturbé par le contexte actuel.
“Nous préparons les gens à vivre autrement le ramadan”, a confié à France 24 Mohamed Moussaoui, président du CFCM, association qui a vocation à représenter le culte musulman en France auprès des instances étatiques pour les questions relatives à la pratique religieuse.
“Les prières journalières sont suspendues depuis le 15 mars, et la rupture du jeûne pour les nécessiteux ou les amis des musulmans n’auront pas lieu dans leurs formats habituels”, indique Mohamed Moussaoui.
Des millions de musulmans se préparent ainsi à renoncer aux repas partagés pour la rupture du jeûne (l’iftar), aux retrouvailles amicales et aux réunions familiales, ainsi qu’aux prières collectives nocturnes (des “tarawih”) dans les mosquées, fermées comme l’ensemble des lieux de cultes en France.
Pour soutenir les croyants, le CFCM a appelé les responsables musulmans et les imams “à user de tous les moyens en leur disposition pour assurer la continuité du relationnel avec les fidèles”, notamment les plus fragiles d’entre eux.
Invités à prier chez eux, les pratiquants pourront suivre des prêches diffusés par des mosquées, comme la Grande mosquée de Pantin, via les réseaux sociaux ou YouTube. De leur côté, les imams de la Grande mosquée de Paris, vont proposer, sur Radio Orient, tout au long du mois, un sermon quotidien.
Et au lieu de se réunir physiquement chez les uns et les autres autour d’un iftar, ils pourront également se retrouver virtuellement grâce aux nombreuses applications de vidéoconférence, en vogue depuis le début du confinement.
“Il y a les apéros à distance, il y aura des ruptures de jeûne à distance”, confiait récemment un responsable associatif à France 24.
“Il faut que l’esprit de ramadan, celui de partage, perdure, malgré le confinement”
Alors que la distribution gratuite de repas d’iftar aux plus démunis, dans les mosquées ou par les associations, est l’un des aspects de la dimension caritative du ramadan, Mohamed Moussaoui assure qu’il y aura “des distributions de repas répondant aux restrictions en vigueur à ceux qui en ont besoin”.
Le Secours islamique France va ainsi mettre en place des maraudes alimentaires auprès de sans domicile fixe et des distributions de colis-repas en Seine-Saint-Denis et dans l’Essonne.
“Il faut que l’esprit de ramadan, celui de partage, perdure, malgré le confinement”, souligne Mohamed Moussaoui.
Et même malgré le déconfinement, prévu le 11 mai, puisque les lieux de culte ne rouvriront pas a indiqué, le 21 avril au cours d’une audioconférence, le président Emmanuel Macron aux responsables des cultes, en prévoyant une évaluation vers début juin ou mi-juin afin d’étudier la possibilité de réouverture.
Finalement, le confinement pourrait favoriser certains aspects spirituels du ramadan, que sont l’invitation des croyants à la méditation et à l’introspection. “Pour moi, un bon ramadan cette année, c’est celui qui respecte les consignes de confinement, a plaidé Abdelkader El Marraki, président de l’Union des musulmans de l’Hérault et gestionnaire de la mosquée des Cévennes à Montpellier, interrogé sur les ondes de France Bleu. On demande aux gens de la moralité, de la spiritualité, d’être vraiment à l’écoute de ce qui se fait dans la société”.
C’est dans ce contexte très particulier que le CFCM invite les fidèles “à bâtir ensemble les solutions alternatives qui [leur] permettront de vivre, dans la joie et l’espérance, ces moments importants de [leur] calendrier spirituel”.