L’Inde bloque son rizcomment le Sénégal se met à l’abri d’une pénurie

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Le Sénégal se met à l
Les Sénégalais ne seront pas privés de leur denrée préférée à cause de la baisse annoncée des importations. Les riziers locaux ont déjà produit pour au moins trois mois de consommation.

Après ses restrictions sur le blé, en mai dernier, l’Inde a décidé, début septembre, de suspendre ses exportations de riz brisé. Elle a fait ce choix pour freiner la hausse des prix au niveau de son marché intérieur et assurer sa sécurité alimentaire.

Cette mesure a fait craindre des effets néfastes au Sénégal, qui compte sur ce pays pour satisfaire 80% de ses besoins en riz. Mais pour les pouvoirs publics, il n’y rien à craindre. Le directeur général de la Société d’aménagement et d’exploitation du Delta du Fleuve Sénégal (SAED), Aboubacry Sow, assure que les Sénégalais sont à l’abri. «On vient juste de boucler les récoltes de la campagne de contre-saison chaude, explique-t-il dans L’Observateur. A l’heure actuelle, les riziers sont en train de collecter le paddy. La production globale tourne autour de 325 000 et 350 000 tonnes. Une fois brisée, cette production générera plus de 125 000 tonnes de riz blanc. Ce qui permettra d’assurer la couverture des besoins du pays en riz pour une durée d’au moins 90 jours.»

Le directeur du Commerce intérieur, Oumar Diallo, affiche la même confiance. Mieux, il estime que la suspension des importations en provenance d’Inde peut constituer pour le Sénégal une bonne nouvelle. «Le gouvernement a fait de la résilience par rapport aux crises alimentaires qui nous guettent, une priorité, a-t-il rappelé sur Radio Sénégal. A partir de ce moment, il est clair qu’on ne parle même plus d’autosuffisance alimentaire, mais de souveraineté alimentaire. Donc, ce serait un mal pour un bien.»

Oumar Diallo s’est dit d’autant plus convaincu que «depuis l’éclatement de la Covid-19 avec toutes ses répercussions commerciales, (ils ont) tout de suite su que tous les pays, pour satisfaire leurs marchés nationaux, doivent s’orienter vers la production des biens pour lesquels ils ont une consommation supérieure». Au Sénégal, le riz fait partie de cette catégorie de produits prisés. Chaque Sénégalais en consommant en moyenne 100 kg par an.

«Aller vers 2 millions de tonnes»
L’atteinte de l’autosuffisance en riz est l’un des objectifs phares du Plan Sénégal émergent (PSE). Grâce aux investissements consentis dans le secteur agricole depuis une dizaine d’années, les productions de riz ont explosé comme pour beaucoup d’autres variétés. De 480 759 tonnes en 2012, celle de riz paddy est passée, fin 2020, à 1 million 349 mille 723 tonnes. Le pays n’a pas encore atteint les 1,6 million de tonnes qui permettent d’atteindre l’autosuffisance, mais les pouvoirs publics restent confiants. Et déterminés.

«On a toujours cet objectif d’autosuffisance, persistait en février dernier le ministre de l’Agriculture et de l’Équipement rural, Moussa Baldé, dans un entretien accordé à Emedia. Cette année, il y a une progression de 2% par rapport à l’année dernière. Ce qui nous reste à faire, c’est de trouver le mécanisme pour aller vers des productions de 2 millions de tonnes.»

Le directeur du Centre de recherche agricole (CRA) de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) de Saint-Louis, Omar Ndaw Faye, croit détenir la recette. «Il suffit tout simplement de mettre à la disposition des producteurs, les acquis de la recherche agricole», suggère-t-il avant de souligner que «le Sénégal dispose d’énormes potentialités hydro-agricoles qui peuvent lui permettre de booster, de fort belle manière, la production agricole, en vue d’atteindre les objectifs du Programme national d’autosuffisance en riz (PNAR)».

Il martèle : «Les terres cultivables, le soleil, les ressources en eau, les intrants agricoles, les variétés de semences de riz performantes, sont disponibles dans notre pays. L’exploitation de ces potentialités pourrait permettre également de développer toutes les autres filières agricoles.»


Source: seneweb.com