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Rétro 2020 – Actu politique : 3e mandat, duels périlleux entre politiciens, suppression de Dakar…ParKhalil Kamara 28/12/2020 à 19:08

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2020 tire à sa fin. Mais ne couvre pas de finitude la politique qui, durant l’année, a achoppé particulièrement sur le débat lié au troisième mandat mais aussi le remaniement ministériel, avec l’entrisme de pontes de l’opposition. Les remous au sein de l’Apr, le Dialogue national, l’éclatement de la Coalition “Jotna”, la polémique entre Sonko et Mansour Faye, les bruits de bottes au Pds, Déthié Fall… n’ont pas fini de faire parler.

Débat sur le 3e mandat et limogeages…

Malgré le mot d’ordre donné par Macky Sall, “pas de polémique sur le 3e mandat“, le débat sur le 3e mandat s’est réinstallé juste après la nomination, pour une seconde fois, du chef de l’Etat, occasionnant ainsi le limogeage de Sory Kaba, Moustapha Diakhaté, déchu par décret n°2019-1800 de son poste de ministre conseiller et enfin de Me Moussa Diop.

L’ex-directeur de Dakar Dem Dikk (DDD) qualifiait de coup d’Etat le 3e mandat.

Débat 3e mandat et “diversion”…

C’était aussi, sans compter avec l’ex-Premier ministre de Macky, Mahammed Boun Abdallah Dionne, qui a relancé le débat, estimant qu’il fallait questionner la pertinence de la limitation des mandats. L’ex-ministre de l’Intérieur Mbaye Ndiaye n’avait pas, d’ailleurs manqué de lui emboîter le pas en affirmant que “si l’on se référait à la nouvelle Constitution, le président de la République, Macky Sall, réélu en février dernier, en était à son premier mandat“.

Ce qui fait penser, ainsi à l’opposition que la relance du sujet par des membres même de la majorité, renvoie à une stratégie de banalisation du sujet, une diversion. C’est le cas de Thierno Bocoum : “Le fait que ces deux hauts responsables de l’État et du parti ne soient pas sanctionnés laisse croire que le débat a été volontairement relancé pour que sa banalisation s’impose très tôt… Il fallait le remettre sur la table autrement“.

D’après d’autres membres de l’opposition, de la société civile, entre autres, le Président Macky devrait clore le débat et non entretenir le flou sur la question. Cette fois-ci c’est Mme Aminata Touré, ex-président du CESE de monter au créneau et d’affirmer que “La question du 3ème mandat est derrière nous, Macky Sall a affirmé à de nombreuses reprises qu’il effectuait son second et dernier mandat…

Ce qui n’a pas été du goût des apéristes qui, dans un communiqué, s’en sont pris à Mimi : “tu n’es ni sage, ni le Conseil Constitutionnel, et tu n’es plus une institution pour parler du mandat…

Polémiques…

2020 reste aussi marquée par les remous au sein de l’APR. Morceaux choisis, les dérives du député Aliou Démbourou Sow mais aussi les coups de gueules entre Cissé Lô et Yakham Mbaye.

Non seulement Macky Sall doit faire un troisième mandat mais en quittant, qu’il transmette le pouvoir à Abdoulaye Daouda Diallo“, une déclaration d’Aliou Dembourou Sow qui a provoqué la consternation chez les sénégalais.

Le député à l’Assemblée nationale du département Ranérou-Ferlo (Matam) est allé même plus loin, dans une vidéo partagée dans les réseaux sociaux, en soutenant que Macky ne doit pas quitter le pouvoir en 2024. Avant de lâcher la “bombe” : “J’entends des gens dirent qu’ils vont brûler le pays. Ils ne feront rien. C’est nous qui avons le pouvoir. Et quand on a le pouvoir on ne le lâche pas“, dit-il demandant à sa communauté de se préparer à prendre les machettes pour combattre ceux qui tenteraient de s’opposer au 3e mandat de Macky. Des propos, selon le parlementaire et certains alliés de la mouvance présidentielle, sorties de son contexte.



Ce qui lui a valu une désolidarisation du bureau de l’Apr. Et tout est parti d’un enregistrement que Farba Ngom aurait fait fuiter. Suivra une vive polémique et une rude bataille entre médias interposés.

Cissé Lô vs Yakham Mbaye…

Les dérives, c’est aussi Cissé Lô vs Yakham Mbaye. Et tout serait parti d’un enregistrement qu’aurait fait fuiter le griot de Macky, Farba Ngom. Cissé Lô s’en était vertement pris à Yakham Mbaye et Farba Ngom qu’il accuse d’être “les ennemis de la démocratie de l’Etat de droit“.

D’où la plainte de Yakham Mbaye contre le parlementaire Moustapha Cissé Lô. Le Dg du quotidien national “Le Soleil” prendra comme avocats Mes Ousmane Sèye, Baboucar Cissé, Bamba Cissé et Abdou Dialy Kane. Et c’est le mercredi 8 juillet 2020 que la plainte a été déposée au bureau du Procureur de la République.

S’en était même mêlé un de ses fils, Pape Lô qui, lui aussi, s’en était pris au Dg du journal “Le Soleil”:

Par la suite, soit des mois après leur dispute, ils fumeront le calumet de la paix. Ce, suite à une audience entre le député et le Président Sall. “Moustapha Cissé Lô a mené des combats épiques au côté du Président Macky Sall. Nous en sommes témoins. Nous avons tous mené des combats épiques avec le président Macky Sall. Quand on veut du bien au président Macky Sall, on ne peut agir que par addition jamais par soustraction“, avait, par la suite déclaré Yakham Mbaye.

Entre autres clashs, cette année, celui de Bougane Guèye Dany et Ousmane Sonko. Le leader du Mouvement “Geum sa bop” n’avait pas du tout apprécié cette sortie du “Patriote” à qui il reproche d’avoir tenu des propos désobligeants contre lui.

Voici la vidéo qui a fâché le patron du Groupe D-Média:

En tournée à Ziguinchor, Ousmane Sonko, s’est lancé dans des diatribes dont lui seul a le secret. En réalité, il s’agit d’une chanson sémantique où le verbe le plus utilisé n’est autre qu’attaquer de manière maladroite. Visiblement éclipsé par ma descente pour joindre l’acte à la parole en offrant aux sinistrés de la banlieue dakaroise et de la ville de Saint-Louis plusieurs motopompes et des milliers de litres de carburant, Ousmane Sonko a paru comme quelqu’un qui a suffoqué pour avoir essayé d’avaler un os politique au moment où les populations des zones inondées n’attendent rien d’autres que des plats de solutions...”, réagissait Bougane.

Inondations et Macky à Keur Massar…

L’année 2020 reste, surtout marquée par le problème des inondations au Sénégal. Le Président Macky Sall, à cet effet, n’avait pas manqué d’essuyer toute sorte de critiques de la part, non seulement des populations, mais aussi d’une certaine classe politique, des activistes, des membres de la société civile… Ces derniers dénonçaient un “échec” de la politique de Macky.

Ce qui l’avait, d’ailleurs obligé à descendre sur le “terrain”, plus précisément à Keur Massar qu’il érigera, par la suite en Département. Coup de communication pour calmer les ardeurs ? Rebonjour les débats pour ou contre cette décisions de Macky.

Le président de la République annoncera, par la suite le déblocage d’une aide d’urgence de 10 milliards de francs destinée à l’appui aux sinistrés et à l’évacuation des eaux. Une aide d’urgence. répartie comme suit : les trois (3) milliards constitueront une aide directe aux sinistrés en termes de transfert d’argent pour l’achat de matelas de produits d’hygiène, de vivres et autres, a assuré le chef de l’Etat dans une déclaration et les sept (7) milliards de francs restants destinés à la Brigade nationale des sapeurs-pompiers (BNSP) et à l’Office national d’assainissement (ONAS) seront consacrés à l’évacuation des eaux. Entre autre décisions prises.

 Suppression Ville de Dakar

Un débat soulevé par le ministre Oumar Guèye sur les plateaux de la Rfm. “La situation de Dakar est hybride. Logiquement, si l’on s’en tient au Code général des collectivités territoriales, il y aura un département : Dakar et ses 19 communes. La ville n’a pas sa raison d’être. On ne peut être en même temps département et commune. Aujourd’hui, nous devons nous conformer au code dans lequel uniquement deux entités sont visées : le département et la commun“, affirmait le ministre des Collectivités Territoriales, du Développement et de l’Aménagement des Territoires.

Les réponses politiques ne se sont pas fait prier, de même que celles religieuses. C’est le cas de l’Imam Ratib de la Grande Mosquée qui met en garde Macky et son régime. Et aussi communautaires. Pour ainsi dire que même les Lébous de Dakar ne veulent pas du projet de suppression de la ville de Dakar.

Mais aussi, érigé en bouclier, le Juge Ibrahima Hamidou Dème regrette que “depuis 2012, il y a eu une certaine exacerbation de la politique politicienne dans les réformes et les choix politiques. Pratiquement, toutes les réformes entreprises depuis 2012 sont imprégnées d’arrière-pensées politiciennes…

Le constitutionnaliste Ngouda Mboup regrette, pour sa part “un système de ‘gerrymandering’” qui consiste à “saucissonner l’espace au lieu de mutualiser les communes pour avoir des villes fortes. Les assauts se répètent. Le gouvernement avait agité que le maire de Dakar soit nommé par le président… Il doit savoir que Dakar a sa propre trajectoire et histoire…Et toutes ces manigances, c’est parce que l’Assemblée nationale n’a pas joué son rôle”.

Cheikh Bamba Dièye, quant à lui, est revenu sur les conséquences que peut engendrer une possible suppression de la ville de Dakar.