Sarkozy Re?e?crit Dans “quotidien” L’histoire Du “racisme” D’une Journaliste Ame?ricaine

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Sarkozy re?e?crit dans “Quotidien” l’histoire du “racisme” d’une journaliste ame?ricaine
“Mais madame, quel est le rapport? Vous êtes folle? (…) Vous êtes à ce point stupide?’ Quel est le rapport entre Obama et les émeutes en banlieue? Aucun! C’est ça le racisme!”, s’est outré l’ancien président.


POLITIQUE – Nouvelle démonstration de la rancune tenace de Nicolas Sarkozy et de sa mémoire sélective. Invité de l’émission “Quotidien” ce jeudi 10 septembre, l’ancien président n’a pas seulement déclenché des réactions outrées d’une partie de la gauche qui l’accuse de racisme pour avoir évoqué “les singes qui n’écoutent personne” avant de dévier sur l’utilisation du mot “nègre”, récemment exclu d’un ouvrage d’Agatha Christie.
Sur le plateau de TMC, Nicolas Sarkozy a également donné une leçon… d’antiracisme à une journaliste vedette de CNN, Christiane Amanpour, en lui reprochant une association d’idées, quitte à réécrire au passage des pans entiers de leur dialogue, comme le montre notre vidéo en tête d’article.
Douze ans après une conférence de presse à l’Élysée, à l’occasion de la visite en France du candidat démocrate à la présidentielle américaine de 2008, le candidat malheureux à la primaire de droite en 2011 a raconté à Yann Barthès le souvenir amer qu’il garde de la question posée par la chaîne d’information américaine CNN.
“Folle”, “stupide”
“Il y a une de vos consœurs -pour vous dire la bêtise parfois du débat- qui me pose une première question : “Ah, président Sarkozy, vous êtes à côté de monsieur Obama. Qu’est-ce que cela vous fait, vous qui avez été si dur dans la répression contre les émeutes en 2005?’. Je dis “mais madame, quel est le rapport? Vous êtes folle?”. Bah le rapport, c’est la couleur. Je dis ‘mais vous êtes à ce point stupide?’ Quel est le rapport entre Obama et les émeutes en banlieue? Aucun! Les racistes, c’est eux. C’est ça le racisme!”, s’est emporté l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine.
En refaisant le film du point presse élyséen, Nicolas Sarkozy a aussi réécrit tout le dialogue en s’attribuant un meilleur rôle qu’il n’a tenu à l’époque. Christiane Amanpour, journaliste spécialiste des questions internationales à CNN qui souhaitait en réalité savoir si l’ancien ministre de l’Intérieur regrettait d’avoir exprimé sa volonté de “nettoyer au Kärcher” la cité des 4.000 à la Courneuve (93), n’a évidemment pas été traitée par le président français de “stupide”, ni de “folle”. Nicolas Sarkozy s’était alors montré fort courtois en félicitant la journaliste pour sa bonne connaissance de l’actualité politique française. Une flatterie tout au plus ironique, mais certainement pas frondeuse.
“Depuis mon élection, il n’y a pas eu d’émeute” se vantait-il dans la suite de sa réponse à CNN. Une affirmation pour le moins erronée : comme le rapportait notamment Le Figaro fin novembre 2007 “après le décès de deux jeunes circulant sur une motocross qui a percuté une voiture de police, de violentes échauffourées ont éclaté” dans un quartier de Villiers-le-Bel (95).
Enfin, souhaitant convaincre la presse américaine que le casting de son premier gouvernement s’inspirait des États-Unis par la désignation de ministres issus de l’immigration, Nicolas Sarkozy avait expliqué devant Barack Obama que “cela fait maintenant près de trois décennies que tous vos ministres des affaires étrangères n’ont pas des noms américains : Madame Albright, Colin Powell, Madame Rice”. Or, comme le soulignait le site Rue89 “il se trouve que Powell est le 85e patronyme le plus porté aux États-Unis et Rice le 146e” avant de se demander “pourquoi ne dit-il pas simplement, une femme née en Tchécoslovaquie, un Noir fils de Jamaïcain, une Noire…”.
Une gaffe semblable à celle commise l’année précédente au cours de son premier voyage présidentiel aux États-Unis en novembre 2007. Nicolas Sarkozy pensait déjà que la secrétaire d’État Condoleezza Rice, née en Alabama de parents noirs américains, était d’origine étrangère. Une “Américaine de l’extérieur”, citoyenne non issue du “canal historique” selon ses termes , de toute évidence désignée ainsi par le président français en raison de sa couleur de peau.